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Un parcours un peu atypique :

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Née un 1er Janvier 1977 au Canon, tout près du Cap-Ferret au bord du Bassin d'Arcachon, enfance iodée dans le bar parental et dans les parcs à huîtres de mon grand-père paternel.
Déménagement dans la campagne du Sud-Gironde près de Sauternes (joie des vendanges dans les grands châteaux), maraîchage chez mes grands-parents maternels, je m'éclate dans les cressonnières. Une Maman qui me fait grandir dans une boutique de chaussures haut de gamme où je l'aide dès qu'il n'y a pas école. Peausseries, coutures, bonbouts, demi-pointures, escarpins, richelieus, j'ai fait le tour de la tatane !

1997-2001:
des études de Sociologie et d'Ethnologie à Bordeaux puis à Marseille.
Essai à l'Art de rue, je colle des autocollants tagués 13'OR dans les rues de la cité phocéenne.

2001-2003: quelques voyages en Inde où je rencontre le safran pour la première fois dans une boutique kashmiri de Delhi, je troque mes baskets de rando contre des stigmates rouges, je ressors en tongs en plein hiver.

2004: au retour du troisième voyage en Inde, la plus belle des aventures se profile, elle s'appelle Eva.

2007: des études de Français Langue Étrangère avec pour projet de voyager avec mon enfant et travailler à l'étranger. Un premier poste à Mayotte, en prison par 40 degrés, l'école avec des clandestins. Immersion insulaire, nous partons à Anjouan aux Comores, des épices plein le nez. Ylang-ylang dans le cœur.
Second poste, au Maroc à l'Alliance Française, du safran et encore du safran, puis retour en France.

2009: retrouvailles sentimentales, travail à la boutique de chaussures, et projets divers : l'Ecolochic, revue gratuite sur les alternatives locales, voit le jour.
Voyages au Mozambique, Swaziland...

Hiver 2012: grand voyage avec Eva en Inde... masala, sambar, sel himalayen, fougères, morilles, cardamome, safran : des saveurs épicées plein les papilles.

Août 2012: je débute une formation agricole dans un CFA de La Réole.

Avril 2013: j'obtiens mon BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d'Exploitation Agricole) consacré à la culture du safran en agriculture biologique. Je rencontre Laurent Dureau,  mon fundi, qui me conseille impérativement la formation de l'UESS à Forcalquier sur la valorisation du safran dispensée par Georges Betti.

Juillet 2013 : installation et création de la safranière 13'OR ROUGE à Lascours chez Annie Bellet-Zagouris.

Fin Août 2013: plantation de 13579 bulbes de Crocus Sativus issus de l'Agriculture Biologique sur cinq restanques. Dont une offerte aux sangliers...

Un jolie rencontre avec Christine Borg de ConfitNature. Elle confectionne avec amour toute une gamme de douceurs et m'ouvre son labo pour que je réalise mes délires safranés.

20 Octobre 2013: Eva cueille la première fleur de safran.

3 Novembre 2013: pic de floraison 1513 fleurs

4 Décembre 2013: Eva cueille les dernières fleurs, une dizaine...

2014: on découvre la vie marseillaise, avec ses lumières enchanteresses et ses ombres putassières... les rurales se font peu à l'urbain mondain. Deuxième récolte, ça avance... doucement mais surement! L'accueil du public pendant la récolte prend de l'ampleur.

2015: nous commençons à prendre nos marques, nous nous habituons à la ville et elle nous adopte. Un réseau amical et professionnel se met en place. En fait dans le Sud-Est aussi il y a des félés gentils qui parlent compost, grelinette, semences anciennes... Troisième récolte, nous sommes presque rodées, des fleurs à ne plus savoir qu'en faire, une vague suave mauve et rouge. Des visiteurs de plus en pus nombreux, des balades botaniques, des conférences dans les hopitaux...

2016: aussi bien que 2013! celle dont on se souvient toute une vie! Les extra-terrestres soucieux du bien-être de la Terre se reconnaissent, les amitiés s'affirment et les projets se confirment. Michel, le fromager marseillais, l'homme sauvage et cultivé marche à nos cotés.
Les chantiers d'insertion réveillent mon plaisir exotique et mon épanouissement à partager, à déformer, à émanciper des stéréotypes. La nature nous donne une leçon, pas de pluie, peu de safran... la monoculture est une connerie! Nous plantons la moindre graine, pépin, le Marseillais accueille de nouveaux arbres et de jolies aromatiques... ça continue.

2017: 1er Janvier, j'ai 40 ans, les choix sont faits, je veux pareil et encore plus, dans l'idéal... mais je perds un peu de mobilité sur l'autoroute et je comprends qu'il faut un autre job en cas de coup dur. J'amène le safran dans l'univers du handicap, tout en crééant un projet de maraichage sur un ESAT. Je découvre le monde protégé, j'ai plein de potes handicapés avec qui je regarde évoluer les coccinelles en dégustant des fleurs de capucine, je découvre aussi les limites humaines du monde médico-social et je ne l'accepte pas...

2018: je sais que ce sera la dernière récolte, je remercie la colline pour chaque fleur que je cueuille et pour tous ces moments de grâce. Annie a vendu le Marseillais et sans elle, ce ne serait pas pareil. Il n'y aura plus de produits transformés, la vie de Christine a basculé un matin d'été.
Création de deux safranières, une dans le Gers, l'autre en Corse. Nous quittons Marseille pour le Luberon, je mets la permaculture et le safran au service de la gastronomie en prenant la tête du potager d'un célébre Domaine.

2019: quand tout semble bien se dérouler et que finalement tout part en cacahuètes. Je constate douloureusement les limites et les travers sordides du greenwashing.
Une irrépressible envie de fleurs mauves, alors sur un coup de tête je pars en Algérie finir la récolte dans la famille de Samir. Des milliers de fleurs des kilos de safran, les montagnes berbères, l'extase... oui mais après?

2020: le safran me fait comprendre que notre aventure commune n'est pas finie, mais qu'elle doit prendre une nouvelle forme... s'adapter au changement.